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Un nouveau départ

Rio est derrière nous, et il nous reste encore beaucoup de choses à découvrir dans ce merveilleux Brésil. Florian et moi partons à quelques jours d’intervalle pour Florianopolis dans l’état de Santa Catarina. Nous passons deux jours ensemble avant qu’il reprenne la route pour le sud.

Florianopolis est une ville à découvrir au Brésil, une presque île aux plages de rêves et dont raffolent les amateurs de surf et de kitesurf. J’aimerais aller glisser moi aussi sur les lagunes de l’île, mais les prix des locations sont exorbitants donc j’oublie vite cette idée.

La ville est immense à l’image des mégalopoles brésiliennes, mais « Floripa » comme l’appellent les Brésiliens est aussi un petit coin de paradis. Il est possible à certaines périodes de l’année d’observer les baleines près des côtes ou alors simplement flâner sur le sable chaud des immenses plages, le long des lagunes, ou surfer les vagues de l’Atlantique.

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C’est donc ici que le duo de voyageur se sépare pour quelque temps, Florian envisage de parcourir l’Argentine en vélo et moi projette de faire l’acquisition d’un deux roues, mais à moteur. Nous décidons donc de faire route à part, sans vraiment nous dire au revoir, car nous savons que nous nous retrouverons sur le continent, en Argentine ou ailleurs.

Pourquoi ne pas continuer en bus, simple et économique ? La réponse est simple, nous nous ennuyons et l’excitation des premiers mois est en train de s’effriter au même rythme que la remise en question de ce voyage prend racine dans nos esprits. La transatlantique nous a offert tant d’émerveillement, d’adrénaline et de fabuleuses découvertes. Le bilan est que nous ne sommes définitivement pas faits pour le confort, notre voyage doit être aventureux, c’est l’unique moyen pour nous de trouver la force de parcourir à nouveau les routes de l’Amérique.

Et nous allons faire en sorte de vivre à nouveau de grandes aventures !

La solitude:

Une amie me prête son appartement le temps que je trouve et puisse acheter la moto, en théorie deux semaines devaient suffire, mais les choses ne vont pas vraiment se dérouler ainsi.

Les soucis se sont enchaînés : trouver l’argent sans cartes bleues dignes de ce nom, établir les papiers à mon nom et enfin préparer la moto avant le long voyage. Rien de dramatique, avec de la volonté, l’aide de Freddy (mon voisin sur place), et une grande patience, j’ai pu devenir l’heureux propriétaire de « Macumba », une superbe Honda de 1991, une increvable d’après les Brésiliens. Ne reste plus qu’à le prouver.

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« Macumba », une grand-mère qui promet de m’ emmener loin

Flo quant à lui se retrouve rapidement à Cordoba en Argentine pour préparer son vélo, et attendre quelques semaines l’arrivée de Enzo. Enzo est un guide cyclotourisme rencontré sur un forum de voyage, fondateur de l’agence Cyclocosmos, et il connait bien le voyage cyclo en Argentine pour l’avoir déjà pratiquer à plusieurs reprises, notamment le fameuse Carretera Australe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Carretera_Austral).

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    Au final, quatre longues semaines vont s’écouler, et mon esprit va en pâtir quelque peu. Seul entre quatre murs, la solitude gangrène mon moral et c’est une descente vertigineuse que je vais vivre lors des quelques semaines passées ici. Les questions finissent par fuser et la déprime prend place, reprendre la route, je dois reprendre la route et sans plus attendre.

Heureusement durant les deniers jours, la lumière réapparaît. Je passe trois jours avec  Matteus, mon « préparateur » mécanique, trois journées les mains dans l’huile, à rire, boire des bières et échanger sur nos vies. Il m’offre sa famille et lui, leur hospitalité, une place à leur table et un lit pour un nuit, je me relève alors et sens le vent tourner à nouveau.

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Il m’est souvent apparu que telle était faite la vie. Vivre des moments difficiles, de doutes, de peur, de souffrance, et alors un matin la roue se renverse pour alors à nouveau laisser place à la beauté, l’allégresse, l’ivresse, l’euphorie. Est-ce l’esprit qui nous joue des tours, ou la vie qui nous donne à chaque fois la preuve que rien n’est jamais irrévocable, c’est une question qui reste sans réponse et qui le restera.

Lundi 17 février, un nouveau départ, j’amarre mon sac comme je peux, contrôle rapidement ma monture et fais mes adieux à Freddy. Il est tôt, le soleil se lève juste, mais mes sens sont en éveils, j’attends ce jour depuis des semaines, un sourire d’enfant orne mon visage, et je peux lire dans le regard de mon ami que lui aussi aimerait prendre sa moto et rouler à travers l’Amérique du Sud à mes côtés, mais un petit bout de femme l’attend sous les draps, il ne pourra que me souhaiter bon voyage et me regarder m’éloigner.

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     Florian se retrouve finalement à Buenos Aires car il est définitivement impossible de trouver un vélo et l’équipement qui lui correspond à Cordoba. Aux dernières nouvelles, le vélo est fin prêt et Enzo est arrivé, il ne leur reste plus qu’à prendre la route vers la Patagonie, également appelée « Le Grand Sud ». La Patagonie comprend principalement le Sud de l’Argentine, sur 1 140 532 km2, et le Sud du Chili sur 256 093 km2. Ces deux régions, séparées par la cordillère des Andes, abritent des paysages contrastés de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d’îles et d’archipels.

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    Au moment ou j’écris ces quelques lignes, je me trouve à Alegrete, une petite ville dans l’état du Rio Grande do Sul, la région des Gauchos, les cowboys brésiliens. La principale activité ici est l’élevage et l’agriculture, sur les 78 000 âmes qui y vivent, 8000 sont des gauchos, autant vous dire que nous sommes bien au pays des chapeaux et des éperons.

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Ce matin c’est une véritable mousson qui s’abat sur la ville et je dois donc attendre pour reprendre la route en direction de Salto en Uruguay. Mais rien ne presse car l’endroit est magique, je suis hébergé par Amalia et sa famille, dans une très ancienne demeure coloniale du 19e, il plane ici une odeur de bois ancien, et de raisin et devinez quoi, le seul homme de la maison, n’est autre que moi.

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