Stories

Sud Lipez et Salar Uyuni – Bolivie

Je me souviens avoir écrit dans un coin de mon carnet de voyage : « “Fascination”, le désert d´Atacama ouvra les guillemets pour que le Salar Uyuni vienne les fermer. »

J’avais longtemps hésité sur le lieu à partir duquel je visiterai le Sud Lipez et le Salar Uyuni en Bolivie, finalement cela s’est imposé à travers mes rencontres comme souvent. Rachael et moi avions rencontré un groupe franco-anglais dans notre auberge qui partait de San Pedro vers la Bolivie à travers la région du Sud Lipez et le désert de sel d’Uyuni. Nous décidons donc de nous joindre à eux et de partir pour trois jours de raid avec les services d’une agence de tourisme réputée, nous sommes en fait partis pour se défoncer à la coca et écouter de la Cumbia 24/24, ça va être magique !

DSC02358
Volcan Sairecabur se reflétant dans la Laguna Verde

Ces terres usées par le temps, l’eau et le vent, en ce lieu l’homme n’a pas laissé sa trace, les volcans immortels sont rois et les lagunes princesses nourricières des habitants du désert.

Souvent lorsque je décris mes voyages dans les régions les plus sauvages de la planète, j’explique que l’on a l’impression d’être sur une autre planète. Je me trompais en fait, nous avons l’impression d’être enfin sur Terre, celle qu’elle était il y a seulement quelques siècles, encore préservée de la folie des hommes.

DSC02387

Notre raid durera trois jours, 72 heures dans une des régions les plus sauvages et arides de la planète. Nous commencerons par la traversée du Sud Lipez, ses volcans, ses lagunes puis le passage sur la Salar Uyuni, le plus grand désert de sel au monde et ses îlots couverts de cactus.

« J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. » écrit Antoine de Saint Exupery dans le Petit Prince. Cette chose qui rayonne en silence, elle n’a pas de nom, n’émet pas de son, n’a pas d’odeur, mais elle nous fait frissonner, nous couvre d’un voile de soie pour que l’esprit s’apaise.

DSC02505
Lagune altiplanique

Parfois, nous nous arrêtions près d’un lagon, nous étions alors des groupes de plusieurs touristes, mais aucun n’avait la folie d’émettre un bruit, les gens s’étaient tus, car aucun mot ne pouvait être posé sur ce qui se trouvé là.

Les trois journées sont rythmées par les paysages qui défilent, les conversations en tout genre dans le 4*4, les heures passées à s’imprégner de la beauté de chaque lieu, les crevaisons, les pannes, les rires, la coca, et la Cumbia ! Autant dire qu’on ne s’ennuie pas !

DSC02399

Je demande à Juan notre chauffeur, si des gens vivent ici dans les zones désertiques, il me répond que oui, quelques personnes très isolés qui vivent grâce au tourisme de passage et des villages subsistent sur les îles du Salar, approvisionnés par les agences de tourisme et les bus scolaires. En résumé, il n’y a pas foule !

DSC02455
Une maison isolé, les habitants du lieu doivent gérer le paiement des toilettes.

Il faut rappeler encore que le désert de sel s’est formé suite au mouvement des continents, lorsque l’océan Pacifique s’est retiré, il a laissé derrière lui d’immenses étendues de sel sur des épaisseurs parfois de plus de dix mètres.

Il est donc fréquent de traverser des champs de coraux, peut-être autrefois peuplés par des poissons-clown défendant leur précieuse anémone. Et de suivre les lapins andins à travers les cactus géants sur des îlots qui furent plus tôt les fonds du Pacifique.

DSC02615

Le dernier jour, nous devons nous lever très tôt pour pouvoir assister au spectacle du lever de soleil sur la Salar et du coucher de la lune, pleine ce jour-là. Une scène qui me semble préparée depuis des millénaires par ce duo, car elle est à chaque fois magistrale ! Nous passons quelques heures à marcher, scruter l’horizon dans cette immensité blanche comme la neige, une ligne parfaite sur laquelle on devine le plus infime relief. Je marche, encore et encore quand la voiture me parait toute petite vu d’ici, je m’assois alors, me couche et avec un tel silence, le sommeil me prend. Il est temps de faire demi-tour, je vais me passer cette fois d’un coup de soleil sur le front.

DSC02554
Ça claque, n’est ce pas ?

DSC02624

DSC02627
Comme un sommet au dessus des nuages

Notre expédition touche à sa fin, une dernière escale dans le cimetière de train de la ville d’Uyuni, où les masses monstrueuses d’acier sont entassées là, ancêtres de ceux qui toujours aujourd’hui transportent le minerai et le sel d’une frontière à l’autre.

DSC02696
Même usés par le temps, ils en ont encore pour longtemps

Uyuni est une ville touristique, pas vraiment belle, mais dynamique, marqué par le passage du Paris-Dakar qui s’est vu obligé de déserter l’Afrique. Le tourisme s’y développe donc, une manne économique pour les Boliviens, mais qu’il faudra réguler si on ne veut pas que les toilettes de la dame plus haut s’en voit débordé.

Nous décidons de ne pas rester et de partir cette nuit pour Sucre, ville mère de la Bolivie pour une courte escale avant que nous reprenions chacun nos routes respectives.

Map Location

Leave a comment