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Comment faire du bateau-stop

Un tour du monde sans avions, c’est un sacré challenge n’est-ce pas ? En 2013, il est donné au commun des mortels la possibilité de traverser le globe en quelques heures dans une superbe invention « Française » de Clément Ader appelé avion.

Mais comme Flo et moi souhaitons entrer dans la peau des plus grands aventuriers et surtout voyager avec le temps et non contre lui, il va falloir trouver une alternative.

Et si on ne traverse pas les océans par les airs, alors on peut le faire par les mers et les bateaux sont l’outil adéquat, je crois.

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Flo et moi, le bateau-stop, ça nous gagne !

Mais tout le monde ne possède pas un voilier, ou un yacht à moteur et surtout ne possède pas les compétences en navigation pour une telle aventure.

Et c’est là que la solution du bateau-stop s’impose. En quelques mots, le principe est le même que l’auto-stop, trouver un véhicule et un propriétaire qui accepte de nous embarquer sur sa monture, mais malgré que le principe soit le même, la mise en œuvre est extrêmement différente.

Certains écrits décrivent plus ou moins la démarche (Ludovic Hubler, Jérémie Marie furent nos sources premières), je vais donc tenter dans cet article d’être le plus précis et concis possible de façon à ne pas faire de plagiat.

Différentes étapes constituent le procédé :

Étape n° 1 « La préparation »

Le bateau-stop comme l’auto-stop se déroule sur le terrain, il faut donc définir un lieu de prospection. La période propice au transatlantique se déroule entre septembre et décembre, moment pendant lequel l’anticyclone est bien installé et l’Alisé souffle. Des bateaux partent alors de toute l’Europe vers les Antilles, et l’Amérique. Mais ils existent des lieux de rassemblement, des escales incontournables où se retrouvent des centaines de bateaux durant ces trois mois.

Lieux les plus fréquentés :

– Madères, Canaries, Agadir, Dakar, Cap-Vert

 

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Port de Las Palmas aux Canaries

Après il existe en France de grands ports sur lesquelles de nombreux navigateurs parquent leurs embarcations :

– La Rochelle (plus grand port de plaisance côte ouest), Lorient, Port Camargue (plus grand port de plaisance Europe), Sète

C’est donc à ces différents points que les chances de trouver un bateau sont les plus importantes.

Pour mettre d’autant plus de chance de votre côté, je conseille de pratiquer un minimum la voile avant le départ, cela est une corde de plus à votre arc et pas des moindres. Il est souvent demandé d’avoir quelques compétences en navigation, et surtout de savoir si vous avez le mal de mer, voyager sur un voilier n’est vraiment pas de tout repos, à savoir !

Prendre le maximum d’infos au sujet des transats, de la navigation, du monde de la voile peut vous permettre d’avoir l’air plus crédible dans votre prospection.

 

Étape n° 2 « La prospection »

Quelques règles s’imposent pour maximiser ces chances :

– Renvoyer une image un minimum sérieux (habillement, barbe…) comme en auto-stop.

– Un esprit ouvert et un surtout le sourire sont des alliés utiles.

Ensuite, la démarche est simple, se rendre sur les marinas avec une grande motivation dans le sac à dos et espérer trouver un bateau en partance, surtout un capitaine ayant besoin d’équipiers.

Il faut beaucoup de récurrences, se montrer, rencontrer du monde, et faire savoir à tout le monde que vous cherchez un bateau, car même si il n’est pas ici, il est peut-être dans un port voisin et seuls les marins sont aux courants. Ce sont des gens avec souvent une grande envie de partage et vous êtes celui qu’ils vont essayer d’aider, mais il faut leur donner l’envie de le faire.

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Marc, notre charmant capitaine

Il est bon d’être flexibles sur les dates et géographiquement, vous devrez peut-être parcourir toute la côte bretonne et attendre des semaines avant le départ, mais quand enfin le Graal se dresse devant vous, alors ce n’est que joie et un bon coup de pied aux fesses pour la suite.

Ensuite, certains outils permettent de prospecter à distance.

Internet est un moyen très efficace pour votre recherche :

www.equipier.frwww.bourse-aux-equipiers.comwww.voyavecmoi.comwww.stw.fr, www.findacrew.net

Certaines revues spécialisées :

  • Voile et voilier
  • Voiles magazine

Et poster des annonces papier sur les ports peut augmenter votre impact et paraître hyper motivé.

Budget :

Pour finir, la question du budget est essentielle. Le transport sur un voilier est gratuit, mais dans la plupart des cas un budget quotidien est demandé, d’après nous un panier de 10-15 euros par jour et par personne est raisonnable, auxquels on peut ajouter quelques frais portuaires et de gazole.

Dans tous les cas cela revient en théorie moins cher que l’avion, mais il faut surtout retenir l’aventure incroyable au-delà du budget.

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Un mois de provision, quatre caddies ne sont pas de trop

Pour conclure, il est important de rappeler à tous ceux qui voudraient se lancer dans cette aventure que voyager sur un bateau est parfois fort éprouvant, de plus les demandes sont bien plus importantes que les offres, donc une préparation en amont et du sérieux dans la démarche sont des éléments essentiels pour que l’odyssée ne tourne pas au cauchemar.

Vous pouvez lire notre récit du Cap-Vert : http://debrouilleautourdumonde.com/cap-vert-une-belle-decouverte/ contenant quelques récits de bateau-stoppeurs, il y a du positif comme du négatif, c’est un bilan global de cette discipline.

Note : concernant Florian et moi, nous avons trouvé un bateau à Hendaye sur la côte basque grâce à internet après 10 jours de recherche, avec pour budget 10 euros par jour.

Bonne chance et que le vent vous porte !

 

 

les recherches courantes

  • bateau stop (1)
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