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Le désert d’Atacama – Chili

J’ai laissé mes certitudes, abandonné mes croyances, lorsque mon regard s’est posé sur ces terres désolées. Dans ce désert, j’ai oublié, j’ai appris, et j’ai grandi.
Pour la première fois depuis mon voyage en mer, j’ai perdu pied, mes repères. Cette promenade dans le désert d’Atacama a marqué mon esprit comme l’océan l’avait fait. Je crois que le plus troublant fût encore ce silence.

Un peu de culture: le désert d’Atacama situé au nord du Chili, recouvrant une surface 104 903 km2, est cité comme le plus aride au monde avec des quantités de précipitation qui frolent le 1mm à certains endroits. D’une altitude qui varie de 0 à 4678 m, des températures de -25°C à 45°C, bienvenue sur la planète Terre.

Rachael que j’avais retrouvé à Valparaiso se rendait aussi à Atacama, nous avions donc décidé de faire route ensemble jusqu’à ce que nos chemins se séparent à nouveau. C’est de cette façon de que j’aime voyager, parfois seul, parfois accompagner, de cette manière je ne laisse jamais la solitude me rendre malheureux, mais au contraire m’aider à mieux comprendre, me comprendre, et apprécier la compagnie des hommes.

Le voyage entre Valparaiso et Atacama est long, environ vingts heures de bus, et préférant souvent prendre les bus les plus économiques, cela peut parfois paraître infini. Heureusement, les routes au Chili sont bonnes et les gens avenants, chaque trajet est parsemé de rencontres, de situation cocasse. Je me souviens d’un voyage au Brésil, assis à côté de jeune étudiant, nous avions beaucoup discuté, ris et avions même fini par partager nos fous rires avec les 10 sièges autour de nous.

Nous arrivons le soir à San Pedro d’Atacama, l’épicentre touristique du désert. Une ville Far West qui a su garder un côté rural malgré la masse de touristes qui prend possession de la cité à certaines périodes de l’année. J’essaye au plus de fuir ces lieux qui parfois m’horripilent, mais pour moi chaque lieu, chaque coin de rue, la maison de bois au cœur des Andes, ou les rues du cœur touristique de Rio réservent son lot de surprises, de rencontres et de beauté. C’est au voyageur de ne pas laisser sa conscience derrière soi, de faire preuve de respect et de compassion là où il passe.

Nous passerons deux nuits dans un dortoir, prenons le temps de découvrir la ville, je rencontre des jeunes voyageurs et un Gardois, comme moi, sympa, mais nous n’avons mise à part nos origines géographiques, rien en commun.

Si San Pedro d’Atacama est si touristique, ce n’est pas sans raison, il y aux environs de la ville, milles merveilles à découvrir, mais pour cela il n’existe que peu de solutions. La première que la majorité des touristes et voyageurs choisissent est simplement de passer par une agence qui vous fera payer une note horriblement salée pour ne voir que certains sites, vous me direz « il faut bien qu’ils gagnent leur vie », certes….

Mais me concernant, je vais quand même essayer de trouver une solution plus abordable et plus aventureuse, on ne s’appelle pas « Débrouille autour du monde » pour rien. Je tombe au coin d’une rue sur une affiche collée sur la fenêtre arrière d’un vieux pick-up, disant « alquilarme » (louez-moi), ça pourrait être le début d’une idée. J’en parle autour de moi, Rachael me suit, puis deux Allemandes et pouf, la voiture est louée pour une journée, et à quatre cela nous reviendra 5 fois moins cher qu’avec une agence et nous verrons surement bien plus de choses.

Levez aux aurores le lendemain, une longue journée nous attend rythmé par la visite lieux parmi les plus fantastiques de la planète. Mais comme j’aime le faire, je vous laisse constater par vous même :

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Nuit calme dans les rues de San Pedro de Atacama

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L’océan a laissé place à la terre, une terre aride et blanchie par ce sel qu’il a abandonné en partant. Il faisait froid ce matin là mais cela n’avait aucune importance parce que nous étions là où nous voulions êtres.

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La vallée de la lune alors que le soleil se lève à peine
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Ne pas se méprendre, le sol est couvert de sel et non de neige
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Un vertige
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Vigogne ou Vicuna, animal endémique du Chili, Bolivie et Pérou. Utilisé pour sa laine d’une très grande qualité.
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Les volcans majestueux, toujours présents, au Chili ils font partis du décors.

L’histoire de la prochaine photo doit être contée. Elle fut prise en milieu d’après-midi après déjà avoir parcouru 200 kms, alors que chaque passager était occuper à contempler, rêver, ou discuter, je constate que la jauge d’essence commence à flotter avec le rouge. Fidèle à moi même, je ne m’inquiète pas et n’en fait pas tout de suite part à l’équipe, mais après un moment de réflexion je décide quand même d’en parler, et c’est dans le  calme que l’on décide de demander au habitants du coin où est-il possible de trouver le fameux jus « pétrole ». Surprise ! La seule station se trouve à San Pedro à 150 kms de là, ouch!

Pas de panique, il nous en reste assez pour terminer la journée et rentrer, dis-je. Alors nous continuons et après quelques kilomètres, la voiture se comporte étrangement et là, Rachael panique, à la limite de la crise. Les autres et moi la rassurons en lui disant qu’il y a du passage et que au pire nous dormirons ici cette nuit, serré, collé, mais ça ne fait que empirer la chose. Je me moque un peu, elle qui me disait être une hippie aventurière, ça me fait bien marrer maintenant. Pendant que les autres arrête des voitures pour obtenir de l’aide, que Rachael entre dans un profond silence, je décide de proposer de faire une petite photo pour détendre cette atmosphère peu joviale et voici le résultat, on y verrait que du feu:

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Ces dames se font conduire.

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Lagune de Chaxas, peuplée par de nombreux flamants roses du Chili et de James.
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Le Salar d’Atacama s’éteint

Finalement nous trouverons de l’essence et nous parcourrons ce jour là plus de 400 kms à travers le désert, au cœur des vallées, au sommet des montagnes, et nous serons muet face à chaque scène d’un spectacle à ciel ouvert, nous ne nous connaissions pas jusque ce jour et avons pourtant partagé et je sais alors que je ne serai pas seul à rêver parfois de cette journée.

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