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La dure réalité du bateau stop

Les jours se succèdent sur l’île de Sao Vicente, mais ici le temps est statique. L’air est chaud, les rapports humains tout autant, nous devons absolument traverser l’océan, mais ce lieu inspire à la plénitude, à l’apaisement. 

Sur les conseils de nos rencontres, nous passerons quatre jours sur l’île voisine de Santo Antao, un nom qui aujourd’hui encore résonne dans mon esprit comme un lieu d’une majestueuse beauté. Un contraste de paysage, un panel de couleur, de faune et de flore sur un si petit bout de terre, des images qui resteront nous en sommes sûrs parmi les plus grandioses de notre voyage.

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Lors de notre absence, Serge, un skipper, est tombé sur notre annonce à Mindelo, il est à la recherche de deux nouveaux équipiers, et c’est donc empressé de nous contacter. Nous fixons un rendez-vous pour la fin de la semaine. Serait-ce déjà le départ ?

De retour sur notre île d’escale, nous nous dirigeons sans perdre de temps vers la marina retrouver Serge.

Nous cherchons Winka, son voilier, que nous ne tardons pas à trouver après avoir néanmoins fait un détour par la capitainerie pour le localiser.

Nous faisons connaissance avec l’ami Serge, un suisse. Il a perdu une jambe suite à un grave accident de moto et « profite » d’indemnités suffisamment importantes pour lui permettre de ne plus travailler. Il a beaucoup voyagé notamment en voilier, est passionné D’ULM et récemment propriétaire du fameux Winka un Océanis 380. Il nous explique qu’il a dû se séparer de ses précédents équipiers faute d’un emploi du temps trop serré (ses anciens équipiers désiraient traverser avant Noël).  Fort sympathique et doux, il semble prendre la vie du bon côté (c’est mieux pour un unijambiste) et désire rejoindre la Martinique.

Cependant, pour moi, il réside un point noir, aucun d’entre nous ne possède suffisamment d’expérience en voile, même s’il semblait que la transat du Cap-Vert aux Caraïbes soit un morceau plus accessible que le Golfe de Gascogne ou que la portion entre La Corogne et Le Cap Finisterre, il n’en demeure pas moins que le gros temps et la grosse mer peuvent aussi survenir en Atlantique.

En cas de coup dur, nous serons certainement dépassés et je ne tiens pas à reprendre les mêmes risques qu’avec Marc, nous avons accepté de jouer et de perdre la première fois, nous ne souhaitons pas le refaire.

Cette fois-ci nous en discutons sérieusement, Thibaut sera déçu dans un premier temps puis finira par trouver cette solution plus raisonnable.

Nous n’embarquerons pas avec Serge, mais ne pouvons pas attendre plus longtemps à Mindelo, l’hôtel coûte relativement cher et nous n’avons pas trouvé de solution de logement moins onéreuse.

Notre espoir de transat s’envolera définitivement avec l’avion à destination de Fortaleza au Brésil.

Nos derniers jours ici, nous les passons souvent avec Joachim, au « Boaventura », au « Kikafé », au « Café Mindelo », au « Kiosque »,  à la plage et dans notre suite du « Chave d’Ouro ».

Jo semble avoir trouvé un voilier pour la Guyane française et parmi la centaine d’écoles qu’il a contacté là-bas, certaines sont prêtes à lui confier un poste.

C’est plutôt chouette !!

À la veille de notre départ, nous allons manger tous les 3 à la « Bodeguita de Mindelo ». Ce soir, nous prenons une bonne cuite tous les 3, enfin surtout Joachim, parlons, débattons autour de choses et surtout d’autres. Des mésententes, de la mauvaise foi et des remises en questions sont au programme, mais pas de crachat, ni de venin, pas d’œil au beurre noir non plus, ni de fracture du sinus frontal donc tout va bien.

Il sera bientôt l’heure pour nous d’aller se coucher, de dire adieux à Jo et à Bruno.

Vous allez nous manquer.

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