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La Brésil est derrière nous

Dernière escale Brésilienne:

Alegrete, dernière étape du Brésil, je m’y sens bien, un peu comme chez moi et je m’attache rapidement à la famille d’Amalia. Quatre femmes, deux petites filles et toutes d’une gentillesse incroyable, comment ne pas tomber amoureux du lieu.

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Je ne comptais rester que quelques jours, mais la pluie venant se mêler à l’affaire va m’obliger ou me permettre plutôt de rester deux jours de plus. Nous profiterons de ces deux journées Amalia et moi pour faire une paire d’interventions dans deux collèges, public et privé. Une petite heure autour du voyage et de l’importance à donner à nos rêves et leur aboutissement. Le public est attentif « plus ou moins », mais de nombreuses questions fusent et cela me donne du baume au cœur de rencontrer cette jeunesse Brésilienne ayant finalement les mêmes rêves qu’outre Atlantique, ils rêvent, de liberté. Une question revient fréquemment, « Qu’est ce que tu es venu faire à Alegrete, cette ville perdue ? » et je leur réponds alors « Je suis venu m’y perdre », car c’est un peu pour ça que je souhaiter voyager en moto, pour pouvoir me perdre, rouler en dehors des sentiers battus.

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     Une semaine passe, une semaine de rire, d’échange et d’amitié. Ma dernière escale dans le pays du football et de la samba fera partie des plus belles, des plus marquantes de mon voyage. La prochaine étape se trouve en Uruguay, ce petit pays au sud du Brésil que peu seraient placer sur une carte. Amalia a contacté un couple d’amis à Salto près de la frontière argentine qui sont prêts à me venir en aide pour quelques jours, et je vous assure que ce sera grandement nécessaire.

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La pampa :

Environs 350 kms me séparent de Salto, 350 kms à travers des zones désertiques, à travers les terres sublimes et les routes sans fin de la Pampa. Je passe la frontière sans problème, un petit tampon et ça repart. À partir de là je prends conscience de ce que l’on définit d’horizon infini, une ligne horizontale sans limites pour l’œil humain, un vertige. Une amie au Brésil m’a cité un auteur célèbre du nom de Alejandro Parmentier qui a écrit « La Cordillère des Andes est l’infini vertical, et la Pampa l’infini horizontal », un truc dans ce genre.

C’est au dos de « macumba » ma monture que je traverserais cet infini, et ce ne sera que pour mieux l’apprécier, et ne pas en ressortir indemne, car parcourir ces routes vous marque, comme les chevaux qui les environnent sont marqués au fer rouge.

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Salto :

L’heure d’été n’existe pas en Uruguay, j’arrive donc un peu tard, mais mes hôtes Gunnar et Maria m’attendent sur le pas de leur porte, et en voyant leurs sourires, je me sens tout de suite à l’aise. Leur accueil est chaleureux, et les questions sur mon voyage fusent rapidement.

Nous discutons pendant quelques heures avec Maria, et lui fait part de ma fatigue, du manque, et des doutes. Maria me parle, me rassure, nous ne nous connaissons que depuis quelques heures et pourtant nous nous sentons si proche. Les rencontres sont un moteur inépuisable, le seul à mes yeux.

Gunnar finit par m’interpeller concernant la question de l’assurance de la moto pour partir en Argentine, et sûr de moi je lui réponds que ce n’est pas un problème, je peux l’acheter ici ou de l’autre coté de la frontière. Faux ! À partir de ce moment-là, je vais pouvoir goûter au folklore de la législation argentine.

Gunnar se démène pour me trouver un assureur à Salto qui puisse me vendre une assurance pour les pays voisins du Mercosul, mais en vain. Entre-temps je décide de contacter mon ami Clément à Buenos Aires que je devais en théorie rejoindre il y a deux semaines, pour lui annoncer le souci, un de plus. Mais pas de problème, leur porte reste ouverte pour la semaine à venir. Les idées se mêlent dans ma petite tête, je finis par prendre une décision, je partirai le soir même en bus pour Buenos Aires et trouverai un assureur sur place, d’après les dires, il est plus simple de trouver chaussure à son pied en Argentine.

Mes hôtes me proposent de laisser la moto ici jusqu’à mon retour, il m’aide financièrement, car ma carte bleue ne me permet plus de retirer du cash, il m’accompagne au terminal de bus, et la liste est longue. Mes rencontres depuis mon départ de Florianopolis ont toutes une chose en commun, leur beauté.

 

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