Stories

Hendaye, Marc, Fleur de Lotus

La rencontre avec Marc approche et  nous nous réjouissons à l’idée qu’elle puisse être le symbole de notre grand départ.

Au téléphone Marc nous guide mais nous ne comprenons pas ses explications, ses articulations.

Suite à plusieurs flottements sur des pontons maladroits nous échouons  portique E, Fleur de Lotus ou Fleur de PQ comme aime l’appeler son propriétaire nous attend de l’autre côté.

Nous saluons Arnaud (un des 5 membres de notre futur équipage) et ne tardons pas à aller déjeuner avec lui et le Captain’ Marco.

A table les dires d’un capitaine fantasque et un brin je m’en foutiste, ricanant à l’avance de ses histoires de baroudes hallucinés et hallucinantes m’interpellent.

Envisager une transat avec lui semble ambitieux, sans doute même inconscient ?

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Un sacré capitaine

Je n’ai pas tout de suite l’occasion d’en toucher quelques mots à Thibaut qui peu de temps après le déjeuner est déjà suspendu à plusieurs dizaine de mètres du sol pour remplacer les morceaux de scotch faisant office de housse de protection aux barres de flèche (barre perpendiculaire au mat sur lesquelles sont rattaché des câbles servant à son maintien) .

Le dernier membre de l’équipage nous rejoint dans l’après-midi, il s’intitule Adrien et partage avec mon frère, en plus de son prénom, son calme, sa sérénité et sa prudence. Sa présence me rassure et rétablit en partie une confiance fragilisé par le trouble des dernières heures.

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Le lendemain Marc nous annonce qu’il doit rejoindre Pau pour y régler plusieurs affaires, Arnaud quant à lui doit remonter sur Paris sous louer son appartement.

Il est environ 9h et nous avons rendez-vous avec le grutier.

Le bateau doit être mis à sec pour permettre le nettoyage de sa carène (partie immergé de la coque d’un bateau) et l’étalage de l’antifooling (un produit nauséabond empêchant les coquillages et les algues de s’accrocher à la carène).

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Au boulot !

L’envol du voilier est surprenant, nous  observons cette coquille de presque 10 tonnes être soulevé dans les airs puis coincé entre quatre étais surmonté de cale en boit.

Encore aujourd’hui (pour moi qui n’y connais rien en mécanique physique et ce qui s’y rattache) je me demande comment le bateau a pu tenir.

Soit, c’est perché à quelque mètre du sol, que nous sommes hébergés généreusement sur le joli navire de Marc.

Nous passons de bon moments en compagnie d’Adrien, il nous parle de son voilier, de sa vie dans le pacifique, de la pêches sous-marines, de ses  rencontres avec les habitants des archipels du Vanuatu, de son travail dans une mine de nickel en Nouvelle Calédonie et de ses années passées à vivre en caravane.

Ensemble nous vidons le bantrepôt ((bateau /entrepôt) un beau bordel commence à s’y empiler dessous), classons le foutoir, nettoyons puis ponçons la carène à en devenir aussi bleu que des schtroumfs, tentons d’extraire une pièce défectueuse du moteur et commençons à regretter l’absence de notre hôte qui repousse son retour.

Nous ne sommes plus que tous les deux désormais, Adrien remonte chez lui dire au revoir à sa famille, Arnaud ne rentre que la semaine prochaine et Marc revenus en coup de vent, repart pour le week-end fêter l’anniversaire de son fils.

Tib se démène, il installe des enceintes sur le pont (ça va zouker à bord !), l’astique, fixe un point de soudure au pilote automatique, commande un panneau solaire (qui mettra du temps à nous parvenir), retrie les affaires de MarcoStache, repeint le portique sur lequel sera fixé le panneau, prépare son fastidieux câblage (impliquant le déplacement du radar, son dé-câblage, re-câblage(une tannée lié au manque de vision des bricoleurs précédent)) et j’en oubli.

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Quelques notions de bricolage sont utiles parfoit

Pendant ce temps je l’aide dès que je le peux, je footing une heure tous les deux jours, je cuisine et fais la vaisselle.

Le jour ou Marc réapparaît nous apprenons qu’Adrien ne reviendra pas, faute d’un équipage trop important par rapport à la taille du voilier et d’une propension collective à la picole festive.

C’est un coup dur pour Thibaut et moi.

Sans lui, la traversée nous semble maintenant moins évidente mais nous décidons tout de même de poursuivre.

Les jours suivant nous installons le panneau solaire (Thibaut), nous regrettons le retard du colis contenant la nouvelle balise de détresse, remplissons 4 cadis de provisions pour un moi d’autonomie en mer au supermercato Al Campo (Auchan pour les francophones).

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Quatre caddies ne seront pas de trop

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