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Un poème pour Villa Tunari !

Lorsqu’une journée de voyage me parait rude, trop longue ou trop éreintante, je pense alors à cette phrase que me disait mon père lorsque nous avions durement travaillé et que la tâche n’était malgré tout pas terminée : « Demain, il fera jour ». Lors de mon séjour bénévole en Bolivie, chaque jour pendant sept jours, j’ai pensé cette phrase, car les journées furent rudes, longues et éreintantes. La huitième journée le fut aussi, mais ces mots ne résonnaient plus chaque soir, car la fatigue laissa place à l’émerveillement, et la rudesse à la beauté et le temps passa, vite.

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Cela faisait 30 jours et il était temps de quitter le Parque Machia et ses hôtes de toutes sortes. Il pleuvait encore ce soir-là, « il faudra que tu sautes dans le bus en marche me dit-on » et effectivement, le bus approcha, sans ralentir, il fallut presque alors que je me jette sous ses roues pour qu’il veuille bien m’embarquer à son bord. La Bolivie fait définitivement partie de ces quelques pays du continent sud-américain ou chaque jour vous réserve un lot de surprises.

 

Villa Tunari, ta chaleur, moiteur, et laideur

C’est en te quittant moi et mon baluchon

Se jetant dans ce gros camion

Que mon cœur se serre sans pudeur

 

Mais cette petite frayeur

Laisse place à l’excitation

De voguer enfin vers nouvelle destination

À moins que sur les routes de Bolivie, je ne meure.

 

Je me dirige à présent vers La Paz, capitale bolivienne peuplée par un petit million d’habitants, peu comparé à de nombreuses mégalopoles déjà visitées.

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Les Boliviens peuvent paraître parfois froids au premier abord, pour des causes que j’ignore, les hypothèses sont aussi nombreuses, qu’infondées, je ne les énumérerais donc pas ici pour ces mêmes raisons, que l’on m’en excuse.

Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont curieux et d’une grande gentillesse lorsque l’on fait l’effort d’aller vers eux, et ce monsieur-là assis à côté de moi dans le bus qui nous mène à La Paz ne fait pas exception. Nous discutons longuement malgré mon espagnol que seul moi juge correct, nous parlons de nos vies, de politique et de sport, mais aussi de la condition humaine ici en Bolivie, qui n’est pas des plus confortables au monde.

Je prends toujours beaucoup d’infos à propos des pays dans lesquelles je me rends, ce qui peut paraitre normal et digne de n’importe quel voyageur, mais ce n’est pas le cas pour nombreux d’entre eux. Mais entendre la réalité de la bouche des hommes vous marque toujours au fer rouge, les problèmes sociaux sont nombreux en Bolivie, des conditions de travail des mineurs, aux exploitations pétrolières et de gaz dans les réserves indigènes en passant par le conflit avec le Chili, même un voyage de 8 heures en bus ne suffit pas à parler de tout cela, et fort heureusement, car autrement j’aurai du simuler une crise de narcolepsie.

Marche indigène contre un projet routier
Marche indigène contre un projet routier

Le voyage touche à sa fin, La Paz est là tout autour de moi et je n’y resterai que quelques heures malheureusement, car les grandes villes ne m’attirent guère et aussi parce qu’Adam et Arancha m’attendent ce soir à Copacabana, point de départ bolivien pour visiter le lac Titicaca. Encore un nom qui résonne avec magie !

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